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Lutte mécanique : les méthodes de sarclages

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  • Sarclage manuel

Le sarclage manuel

En zone tropicale, la méthode de lutte la plus répandue contre les mauvaises herbes reste le sarclage manuel. Techniquement simple, cette opération doit néanmoins respecter de nombreuses contraintes :

Les contraintes culturales

  •  lorsqu’il est réalisé trop tard, les mauvaises herbes ont déjà exercé une forte concurrence sur la culture ;
  •  si le sol est humide au moment du sarclage, de nombreuses espèces, comme Commelina benghalensis, ne se dessèchent pas et parviennent à repousser ;
  •  les repousses des plantes mal enfouies par le labour, comme Digitaria horizontalis, doivent être sarclées dès la première semaine après le semis, alors que le délai normal est de trois semaines ;
  •  le désherbage manuel est parfois délicat quand l'espèce adventice se confond avec la culture, comme Oryza barthii, en riz irrigué.

 

Les contraintes de main d'oeuvre :

  •  le sarclage manuel demande entre 10 et 20 jours de travail par hectare, d'après les normes obtenues en zone de savanes pour des cultures semées en rangs ;
  •  le sarclage manuel est une activité très pénible ;
  •  familiale ou salariée, la main d'œuvre n'est souvent pas disponible ;
  •  à la fin de la période d'installation des cultures, qui s'étale sur plus d'un mois, il y a concurrence dans l'organisation du calendrier de travail entre les derniers semis et les sarclages, qui devraient être faits sur les premières parcelles semées.

 

Le calendrier

La période critique de nuisibilité se situe généralement :

  •  entre 15 et 60 jours après le semis pour les cultures annuelles à cycle court (cotonnier, maïs, sorgho, etc...)
  •  entre 30 et 90 jours après la plantation pour les cultures à cycle long (igname, manioc, canne à sucre, etc…).

On estime qu'actuellement, la nuisibilité de l’enherbement précoce cause environ 30% de pertes, aussi bien en culture cotonnière qu'en cultures vivrières. Les sarclages précoces évitent à la culture de subir la nuisibilité des mauvaises herbes qui exercent leur concurrence même à des stades jeunes : Par ailleurs, le travail est moins pénible, car la végétation est moins développée, et son efficacité est meilleure, car on évite le bouturage de certaines espèces, comme Commelina benghalensis, ou le repiquage des souches de graminées. De plus, on empêche les espèces à cycle court, comme Digitaria horizontalis ou Dactyloctenium aegyptium, d'arriver à graines et d'accroître le stock semencier.

Le sarclage mécanique

Pour les cultures à grands écartements (cotonnier, maïs, sorgho, mil, manioc, canne à sucre, etc…), le sarclage mécanique apporte les avantages suivants :

  •  gain de temps : l'opération mécanique sur l'inter-rang prend cinq à dix fois moins de temps que le travail manuel, même s'il faut faire un sarclage complémentaire sur la ligne en début de cycle
  •  réduction de la pénibilité du travail : en culture attelée, le guidage d'une houe tractée est un travail moins pénible que le sarclage manuel
  •  absence d'intrants : hormis le coût de l'investissement, la mise en œuvre du sarclage mécanique n'induit pas de mouvement de trésorerie, puisque le travail est généralement fait par des membres de l'exploitation
  •  la combinaison des interventions : l'enfouissement de l'engrais peut être effectué par un buttage, qui réalise simultanément un sarclage mécanique.

 

Toutefois, la pratique du sarclage mécanique impose certaines contraintes :

  •  la diffusion du matériel : en culture attelée, outre l’élevage, le premier investissement est bien sûr la charrue ; les exploitations ne sont souvent pas équipées avec du matériel de sarclage mécanique, il est donc nécessaire d'augmenter la diffusion des houes utilisables et de former les agriculteurs au dressage des animaux pour les sarclages
  •  la précocité des interventions : encore plus que pour le sarclage manuel, la précocité des interventions empêche, bien sûr, la concurrence des mauvaises herbes, mais surtout facilite le travail en évitant les bourrages des plantes trop développées dans les corps sarcleurs
  •  la modification des systèmes de cultures : le sarclage mécanique n'est pas possible si le défrichement a laissé de nombreuses souches et des résidus sur la parcelle, si le semis n'est pas fait en ligne ou si l'inter-rang est planté de cultures associées qui empêchent le passage des outils.

 

Pour les exploitations motorisées, le gyrobroyage est une technique courante d'entretien des parcelles :

  •  en arboriculture (manguier, agrumes...), pour limiter le développement de l'enherbement naturel des inter-rangs
  •  dans les pâturages, pour rabattre les espèces nuisibles.