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Trois questions à Hélène Delatte sur le Varroa destructor

Rédigé par Rémi-Kenzo Pages Modifié le

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  • Hélène Delatte et Olivier Esnault

Depuis quand le Cirad a démarré ses travaux sur le Varroa destructor et sur quels pays ?

En 2011 le Cirad démarre une thèse avec l’université de La Réunion et d’Antananarivo à Madagascar.

Quels principaux résultats ont suivis ces travaux ?

Les études ont permis d’évaluer les taux d’hygiénisme (capacité de nettoyage des abeilles) à Madagascar avant et après l’arrivée du varroa. Nous avons appliqué cette technique à La Réunion ce qui permet de mettre en place des protocoles pour la sélection de ce critère sur les cheptels locaux avant l’arrivée de Varroa destructor. Nous avons formé des apiculteurs à cette technique.

Quelle est la situation de la Réunion aujourd'hui et que peut-on dire à la lumière des connaissances acquises par les travaux passés?

L’acarien s’est répandu en quelques mois dans la majorité des ruchers. Suite aux travaux menés sur la capacité de nettoyage du couvain par les abeilles, sur 192 colonies (de 10 ruchers) de l'île, nous avons observé que seules 21% présentaient cette capacité. Toutefois les tests sont réalisés avant 2017 sans la présence de Varroa destructor (tests réalisés en détruisant artificiellement une partie du couvain et en enregistrant le comportement de nettoyage des abeilles). Or il est prouvé que ce comportement de nettoyage fait partie du comportement de résistance des abeilles vis à vis de l'ectoparasite et peut être sélectionné. 
Une grande majorité de notre cheptel semble très vulnérable à cet acarien, avec une nuance d'espoir affiché au travers de ces 21% de colonies plus résistantes. 
Nous appuyons donc avec le GDS, les apiculteurs dans un programme de sélection de lignées d'abeilles réunionnaises plus résistantes.

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