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Comment conserver les ressources génétiques végétales agricoles?

Rédigé par Chloé Glad Modifié le

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  • Caractérisation au champ Manioc

Principe de base : diverses parties de la plante, vivantes ou mortes, peuvent être conservées de différentes manières. Les graines peuvent par exemple être cryogénisées, la meilleure option sur le long terme, comme le pratique le Svalbard. La ressource agricole peut aussi demeurer au champ ou « dans la nature » : c’est la conservation in situ

Elles peuvent encore être déterrées et stockées ex situ dans des jardins botaniques ou des centres de recherche, comme le CRB Vatel de La Réunion. Des centaines d’accessions de diverses espèces d’aulx et de légumes lontan, mais aussi de vanilliers (une collection unique au monde !) que les dix participants de la formation donnée par le Cirad ont pu découvrir, guidés par Carine Charron, chercheuse spécialisée sur la vanille. A nouveau, les parties conservées peuvent être des feuilles, des fleurs, du pollen voire de l’ADN.


Visite des ombrières de vanilliers avec Carine Charron

Et après ?


Reste à gérer efficacement ces collections : les centres mettent ainsi en place un système de management de la qualité cohérent. Nicolas Xavier, qui s’occupe de ce challenge au Cirad, a pu revenir lors de la formation sur les éléments-clés d’un tel management. A côté de cela, il est nécessaire d’avoir un cadre juridique fort, car comme le rappelle Dominique Dessauw, chercheur et responsable du CRB, au-delà de la simple conservation, « le CRB Vatel a pour vocation de diffuser le plus largement possible les accessions aux personnes qui en font la demande ». Ça tombe bien, un atelier était prévu pour présenter les textes encadrant l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages tirés de leur utilisation, comme celui rédigé par la FAO, ou encore le protocole de Nagoya.


Back to the roots


Mais plus important encore, il faut éviter de conserver « en double ». « Les gens se limitent à faire de la conservation, mais ils ne savent pas ce qu’ils conservent ! », observe Michel Roux-Cuvelier, responsable du projet Germination et organisateur de la formation. « Pour qu’il y ait valorisation et utilisation des ressources, l’étape de caractérisation est primordiale : il faut connaître ce que l’on a. » 

Des travaux pratiques étaient donc prévus lors de cette formation : exercice de caractérisation des espèces de citrus, rappel des principes de caractérisation génétique et moléculaire par le chercheur Cyril Jourda, et exercice de description au champ de manioc, où couleur, taille ou encore forme des maniocs étaient étudiées de près.  


Les participants étudient les maniocs de près lors du workshop de description au champ

Les bons réflexes


Si Maurice, Madagascar et la Réunion possèdent déjà des collections, ce n’est pas le cas des Comores, des Seychelles et de Rodrigues, qui sont en train de les constituer. Mieux vaut donc avoir les bons réflexes dès le départ : « Une bonne conservation permet d’avoir un réservoir de gènes, de diversité génétique, pour différents travaux de recherches, en particulier pour des travaux d’amélioration variétale », explique Michel Roux-Cuvelier. « Cela permet en définitive une diversification de la production vivrière, tout en préservant les espèces alimentaires agricoles –bref, la conservation est l’une des nombreuses manières de contribuer à la sécurité alimentaire des pays de l’océan Indien. »


Les participants étaient venus de cinq pays l'océan Indien pour suivre la formation
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