Unité Mixte Technologique "Biocontrôle en Agriculture Tropicale"

L’Unité Mixte Technologique «Biocontrôle en Agriculture Tropicale » associe le  CIRAD, l' ARMEFLHOR, la biofabrique LA  COCCINELLE. La synergie entre ces trois organismes a pour objectif d'accélérer le développement de méthodes innovantes et durables de biocontrôle contre les insectes ravageurs notamment en zones tropicales, milieux à forte pression parasitaire.

Unité Mixte Technologique «Biocontrôle en Agriculture Tropicale »

Rédigé par Micheline Baptiste Modifié le

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L’Unité Mixte Technologique «Biocontrôle en Agriculture Tropicale » associe le  CIRAD, l' ARMEFLHOR, la biofabrique LA  COCCINELLE. La synergie entre ces trois organismes a pour objectif d'accélérer le développement de méthodes innovantes et durables de biocontrôle contre les insectes ravageurs notamment en zones tropicales, milieux à forte pression parasitaire.

Qu'est-ce que le biocontrôle ?


Composante clef du RITA horticole à La Réunion. L'UMT BAT apporte une contribution opérationnelle scientifique et technique aux professionnels pour le développement du biocontrôle en agriculture tropicale.

Qu'est-ce qu'une UMT ?

Une UMT (Unité Mixte Technologique) correspond à une interface Recherche-Développement sur un même lieu géographique. Elle est co-animée par un Institut Technique Qualifié et un Organisme de Recherche ou d’Enseignement supérieur. Pour l'UMT BAT, il s'agit respectivement de l'ARMEFLHOR et du CIRAD.  Une UMT fédère des équipes de recherche, de formation et de développement autour d’une thématique à forts enjeux socio-économiques et environnementaux. Dans ce cadre l'UMT BAT associe également la COCCINELLE, la biofabrique réunionnaise de macro-organismes auxiliaires des cultures. br

Complémentarité et liens entre l’UMT BAT et le RITA horticole

L’UMT BAT est affiliée au Réseau d’Innovation et de Transfert Agricole de la Réunion (RITA) animé par l’Armeflhor. Pour le Rita Horticole, elle en est la composante scientifique et technique, appuyant la recherche de solutions de biocontrôle pour répondre aux problèmes phytosanitaires des professionnels. Le schéma ci-dessous positionne l’UMT BAT par rapport au RITA Horticole.



2. Le contexte


«Produire plus et mieux» est une priorité mondiale, un des objectifs du millénaire du développement. Cette double nécessité est incontournable pour les productions végétales (fruits, légumes, fleurs, plantes aromatiques, etc.). L’Outre-Mer français doit de plus répondre à l’augmentation rapide des populations et de leurs besoins sur une SAU (surface agricole utile) en réduction, avec des exigences environnementales très fortes, liées à la fragilité et la richesse des écosystèmes et des contraintes réelles de partage du territoire. Cet environnement et la réalité des marchés économiques obligent à des sauts technologiques pour réussir une production horticole écologiquement intensive. A ce titre, la situation de La Réunion révèle ces évolutions rapides et parfois contrastées. La filière de diversification végétale (fruits, légumes, fleurs, plantes aromatiques, etc.) est aujourd’hui la première source de revenu agricole (environ 131 M€) (Source : Service de l’Alimentation, Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF Réunion). Pour répondre à la hausse de la consommation de produits frais, les superficies maraîchères ont augmenté de 300 ha en 8 ans avec une intensification très rapide des méthodes culturales, à l’image de l’accroissement des surfaces de cultures hors-sol sous abri. La production de tomate a doublé avec un développement de la protection biologique intégrée sous abri, qui a bénéficié d’un investissement important en recherche et expérimentation(Rimbaud et al., 2012). A l’opposé, en raison de variétés locales ne répondant plus à la demande actuelle et du vieillissement des vergers, la production d’agrumes se trouve fortement concurrencée par l’import. De plus, certaines spéculations sont confrontées à des problèmes phytosanitaires importants (tomate plein champ, manguier).

Dans les régions tropicales et subtropicales, de nombreux insectes ravageurs représentent une menace pour l’agriculture et la sécurité alimentaire où ils sont souvent mal contrôlés ou encore émergents. Ces insectes, responsables de lourdes pertes sur les cultures, imposent souvent l’utilisation massive d’insecticides de synthèse. Si le biocontrôle ne peut apporter toutes les solutions à la protection des plantes, les méthodes de biocontrôle ont le potentiel dès aujourd’hui de contribuer à la réduction de la consommation de ces pesticides tout en aidant à la préservation de l’homme et de son environnement.

Les écosystèmes insulaires tropicaux sont d’autant plus vulnérables aux invasions biologiques de par leur isolement et leur fragilité. L’accélération des introductions d’arthropodes nuisibles appartenant à la liste des ravageurs les plus importants au monde à la Réunion comme dans les îles de l’Océan Indien menace non seulement les agrosystèmes mais aussi les écosystèmes naturels. L’introduction de ravageurs et pathogènes exotiques est chronique à La Réunion, Bactrocera dorsalis, Spodoptera frugiperda, Tuta absoluta, Sipha flava, rouille orangée de la canne à sucre, …. pour ne citer que les plus marquant de ces dernières années. Les importations croissantes des végétaux et l’impossibilité de justifier de réelles barrières phytosanitaires facilitent certaines de ces introductions, le tout associé à des conditions agroclimatiques favorables aux pullulations, engendre une consommation de pesticides importante dont une partie se retrouve dans les eaux. La consommation d’insecticides à la Réunion est très supérieure à la moyenne nationale, 40 % des 480 tonnes de matières actives commercialisées à La Réunion en 2009 étaient des insecticides (contre 12 % en métropole)(source : DAAF Réunion). La réduction à marche forcée de l’emploi des intrants chimiques est aujourd’hui une priorité pour l’Outre-mer français. Le principal enjeu est le développement de filières végétales tropicales à faibles intrants chimiques

Pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto II +,la filière fruits et légumes doit développer des méthodes de productions durables. 

L’agriculture doit aussi contribuer aux priorités environnementales de La Réunion, reconnue, en 2010, patrimoine mondial de l’UNESCO. Les espaces agricoles bordent le Parc National et représentent environ le tiers de la superficie de l'île. Les programmes locaux de développement ont validé l’intérêt de décliner l'objectif national de réduction de l'usage des produits phytosanitaires (Ecophyto 2018), afin de régler les difficultés réglementaires liées aux usages mineurs et de réduire l’utilisation massive de pesticides.

              Un autre enjeu stratégique et crucial pour l’avenir, dans un cadre de réduction des subventions publiques, est la consolidation des partenariats actuels entre la recherche et l’expérimentation avec une optimisation des moyens et un objectif affiché de mieux répondre aux demandes économiques. A La Réunion, les activités de recherche du CIRAD s’appuient sur plus de 200 agents permanents, dont plus de la moitié à Saint-Pierre. Le CIRAD mène des recherches pour le développement des cultures fruitières, maraîchères et horticoles, via ses unités de recherches présentes, en particulier l’UMR (Unité Mixte de Recherche) PVBMT (https://umr-pvbmt.CIRAD.fr/). Avec l’appui du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et des collectivités territoriales de La Réunion, le CIRAD a participé à l’émergence d’un centre d’expérimentation, l’ARMEFLHOR, en 1992. L’ARMEFLHOR (http://www.armeflhor.fr/), institut technique agricole qualifié s’appuie sur plus de 30 agents et dispose d’une station d’expérimentation de 6.5 ha à Saint-Pierre. Ces deux organismes sont liés depuis 1996 par une convention- cadre et réalisent de nombreux projets conjointement, sur le plan local (ex : Programmes sectoriels ODEADOM Fruits et Légumes, projets CIOM dans le cadre du RITA (Réseau d’innovation et de Transfert Agricole dans les DOM)), sur le plan national (Projets Casdar : Mangue, Gamour, Biophyto, AttractMyFly) et sur le plan international (e-PRPV, Programme Régional de Protection des Végétaux, EpiBio 1 et 2, Commission de l’Océan Indien). L’importance des contraintes phytosanitaires sur les cultures tropicales dans l’Outre-Mer français a motivé la création en 2002 du Pôle de Protection des Plantes (3P) à Saint-Pierre (https://umr-pvbmt.cirad.fr/plateformes/pole-de-protection-des-plantes). Le 3P abrite au côté de l’UMR PVBMT l’Unité spécialisée «Ravageurs et pathogènes tropicaux » (CIRAD/Université de la Réunion/Usc INRA), le laboratoire de santé des végétaux (LSV) de l’ANSES ainsi que le laboratoire de diagnostic et de conseil phytosanitaire de la FDGDON. Plus récemment, en 2007, La COCCINELLE une biofabrique spécialisée dans l’élevage de macro-organismes auxiliaires a été créée à La Réunion, à l’initiative de la profession agricole, au service de la profession agricole. Le CIRAD, l’ARMEFLHOR, et la COCCINELLE collaborent déjà sur de nombreuses actions de Recherche et Développement.



3. Problématique et objectifs de l’UMT BAT


La problématique de l'UMT BAT résulte de la nécessité de prendre en compte à la fois les enjeux économiques, environnementaux et sanitaires de la production des filières de diversification végétale à La Réunion. La mise en œuvre des stratégies du biocontrôle apparaît pertinente pour relever ce défi. 

L’objectif général de l’UMT BAT est de conduire des activités de recherche et d’expérimentation pour concevoir et valider des stratégies de biocontrôle et de les intégrer aux systèmes de cultures fruitières et maraîchères tropicales.
 Cet objectif met l’accent sur la réduction ou la suppression des produits chimiques de synthèse.

Les modèles prioritaires étudiés dans le champ de l’UMT BAT sont :

1/ le biocontrôle des mouches des fruits (Tephritidae) qui touche les systèmes de culture fruitière et maraichère

2/ le biocontrôle sous abri avec un focus sur le modèle tomate

 Ces modèles présentent tous les deux un enjeu économique fort (diminution des importations et sécurité alimentaire);



4. L'organisation et l'animation


L’UMT est organisée autour de 3 groupes :

 - un groupe « systèmes de cultures » qui concerne les systèmes prioritaires : deux systèmes de cultures pérennes (mangue, agrumes), un système de culture à cycle court de plein champ (ananas) et un système de culture sous abri (tomate) ;

 - un groupe « solutions techniques », dans lequel les partenaires mettent au point en commun des itinéraires techniques agroécologiques correspondant aux besoins de ces systèmes prioritaires ; 

 - un groupe « surveillance, diagnostic et épidémiologie » qui assure ces trois actions pour ces systèmes prioritaires et sur des sujets d'actualité ou émergents.

L’animation s’effectue selon 3 modalités :

 - animation (verticale) par groupe

 - animation transversale

 - animation par système de culture.

Le schéma ci-dessus montre les 3 groupes d’organisation et d’animation. Le schéma ci-dessus montre les 3 groupes d’organisation et d’animation. 



5. Les systèmes de culture pris en compte


Les systèmes de cultures pris en compte par l’UMT SPAT sont des cultures considérées comme prioritaires par les filières fruits & légumes de La Réunion, suites aux échanges continus avec les professionnels. Ce sont des cultures pour lesquelles les filières veulent augmenter les surfaces, les rendements et la qualité. Dans ce contexte, l’UMT SPAT propose, pour chacun de ces systèmes, d’établir le cadre de contraintes de production afin d’identifier les avancées techniques et les besoins restant à combler pour une meilleure production dans le contexte local.

Ces systèmes prioritaires sont deux systèmes de cultures pérennes (mangue, agrumes), un système de culture à cycle court de plein champ (ananas) et un système de culture sous abri (tomate).



6. Les principales activités de l'UMT BAT


L’UMT déploie deux types d’activités. Les activités « verticales » correspondent  aux activités engagées par les partenaires dans les 3 groupes et visent à leur donner du lien, à renforcer leur efficience et leur complémentarité. Les activités « transversales » s’attachent à organiser la plus-value des activités et la concrétiser de manière opérationnelle avec les partenaires : 1) contribuer aux activités du RITA-transfert, 2) faciliter et assurer les activités de formation-information, 3) appuyer les projets de Recherche & Développement, 4) traduire de manière opérationnelle certaines thématiques, 5) faciliter la valorisation scientifique et technique. C’est l’ensemble de ces deux types d’activités qui contribue à faciliter la valorisation et le transfert des résultats de la recherche et de l’expérimentation vers le milieu professionnel.



Contact

Laurent Costet (Cirad-Umr Pvbmt) : laurent.costet@cirad.fr

Toulassi Nurbel (Armeflhor) : toulassi.nurbel@armeflhor.fr