Bandeau_EPIBIO Accéder au portail Bio & Agri

LOGO PRPV

Programme Régional de Protection des Végétaux

Rédigé par Sophie Della Mussia Karine Payet-Lebourges Modifié le

Partager :
  • Serre de La Coccinelle

Le Programme Régional de Protection des Végétaux (PRPV) s'est déroulé de de 2003 à 2008 avec l'objectif de coordonner les moyens du développement agricole dans l'océan Indien et de la protection phytosanitaire des végétaux. Le programme visait à améliorer les niveaux quantitatifs et qualitatifs des productions horticoles pour assurer, en priorité, l’approvisionnement des marchés régionaux et pour ouvrir, si possible, des débouchés à l’exportation.


Coordonner le développement agricole et améliorer l'approvisionnement horticole

Bien qu’on puisse identifier des contraintes tant au niveau de la production qu'au niveau commercial, les professionnels en matière de santé végétale des cinq états membres de la Commission de l'océan Indien ( COI) (Union des Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et France-Réunion) identifièrent les problèmes phytosanitaires comme les plus importants à résoudre dans le cadre du développement durable de l’horticulture régionale. En particulier, les cultures sont soumises à une pression parasitaire quasi permanente et la lutte contre les organismes nuisibles manque régulièrement d’efficacité. Pour résoudre ces problèmes, les pays de la COI se sont entendus pour mettre en place le PRPV afin de :

  1. promouvoir et développer la coopération opérationnelle, scientifique et technique entre les états de la COI en matière de protection phytosanitaire des végétaux ; et
  2. soutenir l'accroissement des échanges commerciaux de produits horticoles dans l'océan Indien et vers l’extérieur, et accroître le niveau de vie des agriculteurs concernés.

Certains problèmes spécifiques devaient être réglés :

  •  la communication insuffisante entre opérateurs,
  •  la difficulté d’application des réglementations souvent très différentes entre les pays de la COI,
  •  la difficulté d’identifier les organismes nuisibles,
  •  l’inefficacité, voire le danger, des traitements avec des produits phytopharmaceutiques,
  •  l’efficience insuffisante des services d’appui conseil, et
  •  la non-conformité des produits phytopharmaceutiques vendus aux utilisateurs.

 

Activités

Les activités du PRPV s'organisent en 5 composantes.

Composante 1 : Création d'un réseau de partenaires pour la protection des végétaux de l'océan Indien, et soutien

Le réseau relie les services de protection des végétaux des états membres de la COI ainsi que les différents opérateurs de la filière de protection des cultures horticoles. Ses activités sont redues publiques à travers le site BioAgri (ce site).

En complément, un outil de veille et d'alerte au niveau des frontières et de centralisation des informations, données et connaissances sur la protection des végétaux dans la région a été mis en place. Il est accessible sur la base de données régionale du projet : http://db.e-prpv.org/ (contenu : inventaires des organismes nuisibles, textes réglementaires phytosanitaires).

Composante 2 : Harmonisation régionale des législations phytosanitaires

Les législations phytosanitaires réglementent le contrôle phytosanitaire, l'homologation et le contrôle des produits phytopharmaceutiques. Le PRPV a mobilisé les experts pour les engager auprès des états membres de la COI en vue d'aboutir à une harmonisation régionale des législations phytosanitaires nationales.

L'harmonisation des réglementations permet :

  • de mieux prévenir l'introduction et la dissémination d'organismes nuisibles dans la région, grâce à une action coordonnée des inspecteurs phytosanitaires
  • de faciliter les échanges commerciaux entre les états membres de la COI, grâce à l'adoption de normes communes, conformes aux conventions internationales. Cela s'est traduit notamment par l'adhésion des états à la Convention Internationale pour la Protection des Végétaux.

Composante 3 : Contrôle de la qualité des produits végétaux et des produits phytopharmaceutiques

Assurer que le matériel végétal importé est exempt d'organisme nuisible est un facteur essentiel tant pour la préservation des milieux cultivés que pour l'environnement. Le contrôle est l'unique moyen de garantir l'absence d'agents pathogènes sur ces produits. Dans cette optique, le PRPV a développé des méthodes permettant de détecter à un stade précoce certains pathogènes simultanément.

Toujours dans ce souci de préservation de l'environnement, mais aussi de la santé du consommateur, des analyses ont visé à contrôler la qualité des pesticides, et à détecter leurs résidus sur les fruits et légumes mis en vente.

Qualité du matériel végétal

Afin de prévenir l'introduction accidentelle d'organismes nuisibles dans la région par une importation de matériel végétal contaminé, le PRPV soutient la mise au point, par des laboratoires régionaux, de méthodes de diagnostic. Le Cirad à la Réunion et le MSIRI ont ainsi mis au point deux méthodes de diagnostic multiplex permettant de détecter plusieurs pathogènes, à un stade précoce (sur des semences par exemple), simultanément sur un même végétal.

  •  Sur la tomate, ?cette méthode détectera à terme les 4 principaux pathogènes de la tomate simultanément :  Ralstonia solanacearum, Clavibacter michiganensis ssp . michiganensis, le TYLCV et le groupe SWIO ( ToLCYTV, ToLMGV).
  •  Sur la pomme de terre, la PCR multiplex détectera 7 pathogènes :  Ralstonia solanacearum (Rs), Clavibacter michiganensis ssp . sepedonicus et les virus PVX, PVY, PVS, PVA et PLRV.

?Ces méthodes s'appliqueront à la certification, au contrôle à l'import-export de matériel végétal et à la surveillance du territoire. Utilisées par les pays, elles permettront d'instaurer un climat de confiance entre ces derniers et favoriser les échanges bilatéraux de tomates et de pommes de terre.

Qualité des produits phytopharmaceutiques

Le Contrôle de la qualité des Pesticides par l’analyse au laboratoire est un moyen essentiel et inéluctable pour garantir l’efficacité de la mise en application de la législation sur les produits Agropharmaceutiques. ?En effet, plusieurs centaines d'échantillons de pesticides ont été analysés au Laboratoire de Contrôle des pesticides de la SPV Madagascar qui est désigné comme laboratoire de référence pour la région. Les échantillons ont été obtenus pour Madagascar, Maurice, l'Union des Comores et les Seychelles.

Le but était de vérifier que les produits commercialisés ont une composition conforme à celle déclarée pour l'homologation. Les premiers résultats montrèrent qu'il y avait des négligences dans ce domaine et un travail de sensibilisation est entrepris par le PRPV auprès des producteurs.?

Composante 4 : Recherche appliquée et méthodes de lutte alternative

Pour renforcer les moyens de lutte contre les organismes nuisibles, le PRPV a appuyé les états membres de la COI au niveau de l'homologation et le contrôle des produits phytopharmaceutiques, et de la mise au point de méthode de lutte alternative (lutte biologique ou intégrée).

Expérimentation, homologation

Le PRPV a financé l'expérimentation de produits phytopharmaceutiques en vue de leur homologation pour des usages mineurs et pour permettre aux producteurs d'avoir à leur disposition des produits adaptés aux cultures tropicales. L'objectif était que les exploitants agricoles cessent d'employer des produits non homologués (justement parce qu'il n'existe pas de produits homologués pour ces usages) en raison des risques pour l'utilisateur lui-même, le consommateur et l'environnement.

Lutte alternative

Les essais de lutte alternative suivants ont été menés par le PRPV dans les pays membres :

  • Mise un place d'un réseau de piégeage et de détection au niveau des ports et aéroports, marchés et grandes villes, et vergers pour Bactrocera dorsalis et Bactrocera invadens dans les îles de l’océan Indien.
  • Test de l'utilisation de purin de feuilles de consoude dans la lutte contre la teigne du chou (Plutella sp.) comme méthode de lutte alternative à la lutte chimique.
  • Etude de l’efficacité d'une solution d’ail contre le puceron (Aphis sp.) sur Phaseolus vulgaris.
  • Application du purin de feuilles de consoude sur la noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera).
  • Vérification de l’efficacité du traitement avec GF120 contre la mouche des melons (Dacus demmerezi) à Madagascar.
  • Définition du seuil d’intervention sur agrumes et rosacées fruitiers par piégeage de surveillance et évaluation du taux d’attaque de Ceratitis malgassa.
  • Lutte biologique contre l'aleurode du cocotier aux Comores et aux Seychelles.

Composante 5 : Appui, formation et transferts de compétences pour les professionnels

Afin d'améliorer le partage des connaissances entre les scientifiques de la région océan Indien et de transférer les résultats du PRPV vers les producteurs, des formations ont été délivrées auprès des professionnels. Ce volet fut l'un des plus importants du programme car il permet aux opérateurs d'acquérir les compétences nécessaires pour lutter plus efficacement contre les organismes nuisibles et pour améliorer la qualité des productions végétales de leur pays.

Des formations ont été délivrées auprès des professionnels concernés dans les domaines suivants :

  • contrôle phytosanitaire à l'importation et l'exportation,
  • expérimentation et contrôle des produits phytopharmaceutiques,
  • mise en œuvre et utilisation du réseau régional de protection des végétaux (formation à l'informatique, l'utilisation d'internet, la mise en ligne d'information sur le site Web, la rédaction d'article),
  • méthodes de collecte et préparation d'échantillons pour des inventaires d'organismes nuisibles,
  • méthodes de diagnostic des agents pathogènes,
  • formation de base à la nématologie, taxonomie, malherbologie,
  • agriculture raisonnée et prise de décision en matière de lutte alternative,
  • traitements statistiques des données scientifiques, et
  • fonctionnement d'une serre de quarantaine.

Le PRPV a apporté un appui et des conseils auprès des états membres de la COI pour :

  • diffuser des supports de vulgarisation (par exemple des fiches techniques)
  • organiser des séminaires régionaux (par exemple sur la qualité des produits horticoles en 2004)
  • participer à des colloques internationaux, et
  • concevoir des documents de vulgarisation.

Les résultats en bref

  • Les différents opérateurs régionaux en matière de protection des cultures horticoles fonctionnent en réseau.
  • Les ennemis des cultures de la région sont identifiés et des méthodes de lutte sont disponibles.
  • Les compétences régionales sont utilisées dans le cadre de diagnostics des maladies et ravageurs des cultures.
  • Les normes et réglementations phytosanitaires sont harmonisées au niveau régional.
  • Le contrôle de la qualité des produits phytopharmaceutiques commercialisés est amélioré et renforcé.
  • Des techniques de protection des végétaux plus respectueuses de l'environnement sont conçues et appliquées.
  • Les compétences régionales sont utilisées pour la formation des opérateurs du secteur phytosanitaire.
  • Le niveau de connaissance en matière d'organismes nuisibles et de méthodes de lutte est amélioré.
  • Les productions horticoles sont augmentées en qualité et en quantité.
  • La part des productions horticoles régionales dans les échanges entre pays de la COI est augmentée.